« 110 ans d’écoutes au service de la nation »
- A la découverte du monde très secret des services d’écoutes français -
Les écoutes dans la « Guerre froide »
Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, des troupes blindées du pacte de Varsovie, essentiellement soviétiques, envahissent la Tchécoslovaquie. L’aéroport de Prague est investi par plusieurs milliers de parachutistes soviétiques. Si pour les populations européennes, cet état de fait est choc, les écoutes avaient perçu plusieurs éléments sur l’imminence du passage à l’acte, notamment en constatant, juste avant l’opération, un silence radio inhabituel. Cette crise a contribué à une prise de conscience conduisant à développer davantage le renseignement d’origine électromagnétique, en particulier en créant des centres d’écoutes permanents le long des frontières est-allemande et tchécoslovaque.
En novembre 1983, un centre d’écoutes permanent perçoit une activité radio hors norme avec une mise en alerte générale du groupe des forces soviétiques stationné en Allemagne de l’est. Après plusieurs heures d’intense activité, les réseaux radio soviétiques se calment. A l’origine, un silence radio américain constaté par les opérateurs soviétiques avait été interprété comme une possible attaque de grande ampleur de l’OTAN. Ce silence radio était dû au changement de système de transmissions du bataillon américain chargé de la mise en œuvre des missiles Pershing lors de l’exercice Able Archer.
Outre leur rôle d’alerte, les centres d’écoutes permanents et les moyens mobiles ont contribué à la connaissance de la composition des forces du pacte de Varsovie (ordre de bataille) et de leur doctrine d’emploi, en particulier lors de grandes manœuvres.
Pour en savoir plus :
- sur les centres d'écoutes permanents : https://judrand.com/Tulipe
- sur l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 : https://judrand.com/Prague_aout68