« Les écoutes militaires : des origines à la Libération »
Verdun sur écoute
Dès leur invention en mai 1915 par le sous-lieutenant Delavie, les postes d’écoutes téléphoniques des communications allemandes de 1° ligne mettent en échec les tentatives d’attaque, les bombardements et les réglages d’artillerie, les relèves. Mais ces échecs, dus à l’efficacité de l’artillerie française, ne manquent pas de faire réagir le commandement local allemand dont on saisit la réaction le 13 mai 1915 :
" C’est un peu raide quand même. Voilà trois fois que les Français nous font ça ; une première fois pour les bataillons qui allaient attaquer et qu’ils ont pris sous leurs feux dès le point de rassemblement ; la deuxième fois lors de la relève. […] On ne peut plus remuer une compagnie sans recevoir un ouragan de mitraille ".
Après avoir équipé tout le secteur de sa division, son invention devient réglementaire dans son corps d’armée et à la 1° armée. Delavie intervient à la 4° armée en vue de l’offensive de septembre 1915, ainsi qu’à la région fortifiée de Verdun (RFV) où une dizaine de postes d’écoutes téléphoniques sont installés entre juin et septembre 1915.
Depuis plusieurs semaines, les écoutes révèlent un renforcement du dispositif allemand. A partir du 10 février 1916, ce renforcement s’accélère encore dans la région de Flabas au nord de Verdun. Le 12 dans la matinée, les conversations interceptées par le poste d’écoutes téléphoniques du bois de Caures annoncent une attaque d’ampleur. Près de 2400 hommes doivent se lancer à l’assaut des chasseurs de Driant. L’artillerie alertée met en échec cette reconnaissance offensive qui devait lancer l’attaque générale sur Verdun le 13 février, attaque qui est reportée sine die. Grâce à ces écoutes, Verdun disposera de 9 jours de sursis pour recevoir les premiers renforts.