« Les écoutes militaires : des origines à la Libération »
La source « K » - les origines
Après l’armistice du 22 juin 1940, les conventions prévoient une armée française réduite placée sous le contrôle des commissions d’armistice : l’armée d’armistice. A l’instar des officiers des services spéciaux, les officiers transmetteurs des services techniques décident de continuer le combat dans la clandestinité. Afin de limiter les contrôles par les commissions d’armistice, le commandant Paul Labat obtient, en décembre 1940, la création d’un Cadre Spécial Temporaire des Transmissions de l’Etat (CSTTE), rattaché aux PTT. Unissant leurs efforts, des relations solides mais discrètes s’établissent entre les officiers des services spéciaux et ceux du CSTTE
En mai 1941, le capitaine Edmond Combaux rejoint le CSTTE au sein de la Direction des Recherches et du Contrôle Technique (DRCT) à Paris, tout en conservant ses relations avec le capitaine Simoneau de l’ex-Service de Renseignement (SR) à Vichy.
En août 1941, Combaux lance l’idée de pouvoir écouter les communications téléphoniques allemandes entre Paris et Berlin. Simoneau lui assure le soutien du SR pour le financement de l’opération et l’exploitation des renseignements obtenus. Fort de cet appui, Combaux s’en ouvre à René Sueur, ingénieur avec qui il travaille. Pour Sueur, la seule solution est un « piquage sur câble » avec l’introduction d’un dispositif compensatoire rendant le système d’écoute indétectable. Pour réaliser ce « piquage » de haute volée, Combaux s’interroge sur l’existence même d’un chef et d’une équipe capables d’un tel exploit. Sueur lui répond qu’il connaît ce chef : « Robert Keller » .
Au début du mois de septembre 1941, Sueur convoque Keller et lui présente la solution technique retenue. Combaux évoque tous les risques qu’entraîne une telle opération. Malgré les difficultés techniques et les risques encourus, Keller accepte de se lancer dans l’aventure de la dérivation du câble Paris-Metz.
La source « K », K comme Keller, est lancée : fabrication des matériels spécifiques, recrutement d’un opérateur d’écoutes, couverture professionnelle de cet opérateur, recherche d’un pavillon à louer à proximité du parcours du câble Paris-Metz.