Accueil
01-tour-eiffel
02-verdun
03-radiogoniometrie
04-source-mad-01
05-source-mad-02
06-enigma-01
07-enigma-02
08-source-k-01
09-source-k-02
10-jorxey-01
11-jorxey-02
12-menace-pianistes
14-parachutages
15-carigliano
17-valise-radio
16-galerie-photos

« Les écoutes militaires : des origines à la Libération »

Le plan « ELECTRE »


Contexte général


Dans le cadre de la structuration et de l’unification des réseaux de résistance, Jean Moulin crée en novembre 1942, l’organisation de la Wireless Transmissions pour assurer les communications radio avec le BCRA. Disposant de moyens limités et de peu d’opérateurs par réseau, les messages à transmettre, de plus en plus nombreux, obligent des durées d’émission importantes. La simplicité des plans de fréquences et la durée des émissions facilitent les recherches de la Funkabwehr. En juin et juillet 1943, la répression de la Gestapo s’abat sur plusieurs réseaux de la région lyonnaise. Seul un petit réseau, baptisé Electre réussit à conserver le contact avec Londres. Face à la menace de la Funkabwehr, le BCRA et le SOE (Special Operations Executive) acceptent d’appliquer les mesures mises au point pour le réseau « Electre » par Jean Fleury, professionnel de la radio.


Plan « Electre »


Le concept du plan vise à saturer les capacités de la Funkabwehr dans l’espace et dans le temps et à renforcer la sécurité des liaisons. Pour atteindre cet objectif les mesures suivantes sont prises :

• Création de 50 centres de transmissions semblables et fonctionnant de la même manière, équipés de matériel standardisé,

• Séparation des sites d’émission et ceux de réception, sécurisés par un dispositif d’alerte,

• Limitation de la durée d’émission,

• Mise en place d’émissions « en l’air » depuis l’Angleterre pour contacter les récepteurs de la résistance qui restent à l’écoute en permanence,

• Echanges d’indicatifs radio et de fréquences entre tous les opérateurs, en France comme en Angleterre, selon un calendrier, des horaires et des sites d’émission prévus dans le plan de transmissions,

• Abandon du chiffrement et du déchiffrement par les opérateurs radio sur les sites d’émission et de réception,

• Utilisation de boîtes aux lettres pour l’acheminement des messages entre les rédacteurs et les destinataires et vers les sites d’émission et de réception,

• Recours à des anomalies de transmission du morse prévues en cas d’émission sous la contrainte de l’ennemi pour alerter le destinataire. Cette organisation se met en place de façon nominale à partir du mois de juillet 1943. Elle joue un rôle crucial pour fournir des renseignements d’ordre tactique lors du débarquement en Normandie en juin 1944 et dans les semaines et les mois qui suivent, au fur et à mesure de la progression des Alliés.