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« Les écoutes militaires : des origines à la Libération »

La source « K » - historique


Le 15 avril 1942, Robert Keller crée un défaut artificiel sur le câble téléphonique Paris-Metz. Aussitôt, la Feldschaft Abteilung constate l’interruption de deux circuits. Elle saisit immédiatement le service de dérangement des lignes souterraines à grande distance, dont Keller est le responsable. Muni d’une autorisation en bonne et due forme, il part avec son équipe à la recherche du point de rupture, comme si de rien n’était.

Le 16 avril, l’équipe attaque les fouilles à proximité d’un pavillon situé à la sortie de Noisy-le-Grand. Le lendemain, un officier allemand vient s’informer sur l’avancée du dépannage et repart rasséréné.

Dans la nuit du 17 au 18 avril, Keller et son équipe passent à l’action en effectuant la dérivation de 70 circuits de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, de la Wehrmacht et de la Gestapo, entre Paris et Berlin. Le 19 avril, le matériel de raccordement, d’amplification et d’écoute est installé dans la cave du pavillon. Le lendemain, 60 conversations sont interceptées. Leurs contenus se révèlent d’un formidable intérêt pour le Service de Renseignement français (SR). Rapidement deux autres opérateurs d’écoutes sont envoyés en renfort.

Le SR transmet au MI-6 britannique tous les renseignements revêtant une importance particulière. Ce sera notamment le cas en août 1942, après le raid anglo-canadien sur Dieppe, avec les réactions des Allemands à cette tentative de débarquement. Toutes les plus hautes autorités du III° Reich sont écoutées, dont Hitler en personne.

Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1942, à la suite des réquisitions de logements en vue de l’arrivée d’une division d’infanterie allemande dans le secteur, toutes les installations sont démontées. Aussitôt une étude est lancée pour réaliser la même opération sur le câble téléphonique Paris-Strasbourg.

Le 15 décembre 1942, Keller et son équipe mettent en place une dérivation dans un pavillon de Livry-Gargan. Après avoir été dénoncé à la police de Vichy, la Gestapo se présente au domicile de Keller le 23 décembre 1942. Arrêtés, interrogés et confondus, Keller et tous les membres de son équipe sont déportés. Un seul en reviendra.